Rapporté par Abū Hurayra (رضي الله عنه) · Muttafaq ʿalayh · Bukhārī n°7288 · Muslim n°1337
Ce hadith établit une règle cardinale du fiqh : les interdictions sont absolues tandis que les obligations sont relatives à la capacité. Il se termine par un avertissement contre l'excès de questions — un fléau qui avait détruit les peuples précédents.
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D'après Abū Hurayra ʿAbd al-Raḥmān ibn Ṣakhr (qu'Allah l'agrée) : J'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ dire : « Ce que je vous ai interdit, évitez-le ; et ce que je vous ai ordonné, accomplissez-en ce que vous pouvez. Car ce qui a perdu les peuples avant vous, c'est la multiplication de leurs questions et leur opposition à leurs prophètes. »
Source : Bukhārī n°7288 · Muslim n°1337
Abū Hurayra ʿAbd al-Raḥmān ibn Ṣakhr al-Dawsī (qu'Allah l'agrée), le Compagnon qui a rapporté le plus de hadiths (plus de 5300). Il se convertit en l'an 7 H lors de la bataille de Khaybar et accompagna le Prophète ﷺ sans le quitter pendant les trois dernières années de sa vie, consacrant son temps à mémoriser les hadiths. Il mourut en 59 H.
L'abstention de l'interdit ne demande aucun effort positif — il suffit de ne rien faire. C'est donc toujours à la portée de chacun. Les interdictions sont absolues sauf cas d'extrême nécessité (ḍarūra).
Le verbe iʾtū min-hu mā-s-taṭaʿtum (accomplissez ce que vous pouvez) introduit le principe de la capacité (istiṭāʿa). Le malade prie assis, le voyageur raccourcit la prière, le pauvre est exempté du ḥajj. Allah ne charge aucune âme au-delà de ses capacités (Coran 2:286).
Le Coran évoque l'histoire de la vache (sourate al-Baqara) : les Banū Isrāʾīl ont multiplié les questions sur la vache à sacrifier, chaque question compliquant davantage leur obligation. Cette attitude de sur-interrogation, combinée à la désobéissance aux prophètes, est un schéma qui a mené à la ruine.
Les savants ont dégagé de ce hadith la règle : al-mashaqqa tajlib al-taysīr (la difficulté attire la facilité). Les dispenses (rukhaṣ) sont une miséricorde : prier assis quand on est malade, manger de l'interdit en cas de famine, etc. Mais ces dispenses ne sont pas des prétextes à la paresse.