Rapporté par ʿĀʾisha (رضي الله عنها) · Muttafaq ʿalayh · Bukhārī n°2697 · Muslim n°1718
Ce hadith est l'une des règles les plus importantes de la religion. Il établit le principe de conformité à la Sunna : tout ce qui est ajouté à la religion sans fondement du Prophète ﷺ est rejeté. Il forme avec le hadith 1 les deux balances de l'acte : l'intention (au for intérieur) et la conformité (au for extérieur).
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D'après la mère des croyants Umm ʿAbd Allāh ʿĀʾisha (qu'Allah l'agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Quiconque innove dans notre affaire (la religion) quelque chose qui n'en fait pas partie, cela lui sera rejeté. » Dans une version rapportée par Muslim : « Quiconque accomplit un acte qui n'est pas conforme à notre affaire, celui-ci lui sera rejeté. »
Source : Bukhārī n°2697 · Muslim n°1718
ʿĀʾisha bint Abī Bakr (qu'Allah l'agrée), mère des croyants, épouse du Prophète ﷺ, fille du premier calife Abū Bakr. Elle est l'une des plus grandes savantes de l'Islam, ayant rapporté plus de 2200 hadiths. Les Compagnons venaient la consulter sur les questions religieuses. Elle mourut à Médine en 58 H.
Le verbe aḥdatha (innover) combiné avec lā-y-sa min-hu (qui n'en fait pas partie) vise toute introduction étrangère à la religion. Radd (rejet) signifie que l'acte n'est ni accepté ni récompensé.
La première version (Bukhārī) vise celui qui introduit une innovation. La deuxième (Muslim) vise également celui qui pratique une innovation introduite par d'autres. Ainsi le hadith couvre et l'innovateur et le suiveur.
Les savants ont dégagé deux conditions cumulatives pour qu'un acte soit accepté : (1) ikhlāṣ — être fait pour Allah seul (hadith 1), (2) mutābaʿa — être conforme à la Sunna (hadith 5). Sans l'une des deux, l'acte est rejeté même s'il semble bon.
Imam al-Nawawī et Ibn Rajab soulignent que ce hadith est une règle d'or (qāʿida ʿaẓīma) applicable à tout. Les transactions financières interdites, les contrats nuls, les cultes inventés : tout ce qui contrevient à la Loi est rejeté sur ce fondement.