Rapporté par Abū Hurayra (رضي الله عنه) · Ṣaḥīḥ · Muslim n°2564
Ce hadith est une véritable charte de la fraternité musulmane. Il énumère les interdits relationnels, définit positivement la fraternité, situe la taqwa dans le cœur, et conclut par la sacralité de tout ce qui appartient au frère (vie, biens, honneur).
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D'après Abū Hurayra (qu'Allah l'agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Ne vous enviez pas, ne surenchérissez pas (fictivement), ne vous haïssez pas, ne vous tournez pas le dos, ne vendez pas (pour rompre) la vente d'autrui, et soyez, serviteurs d'Allah, comme des frères. Le musulman est le frère du musulman : il ne l'opprime pas, ne l'abandonne pas, ne le méprise pas. La taqwa est là — il indiqua sa poitrine trois fois. Il suffit à un homme en mal qu'il méprise son frère musulman. Tout du musulman est sacré pour le musulman : son sang, ses biens, son honneur. »
Source : Muslim n°2564
Abū Hurayra ʿAbd al-Raḥmān ibn Ṣakhr al-Dawsī (qu'Allah l'agrée), rapporteur le plus prolifique.
(1) Ḥasad — envie qui ronge, (2) najash — surenchère fictive pour faire monter le prix, (3) baghḍāʾ — haine mutuelle, (4) tadābur — rupture des relations sans raison, (5) bayʿ ʿalā bayʿ — concurrence déloyale en cassant un marché conclu. Ces cinq maladies couvrent les relations personnelles et commerciales.
Trois engagements définissent la fraternité : (1) ne pas l'opprimer — respecter ses droits, (2) ne pas l'abandonner — être là dans l'épreuve, (3) ne pas le mépriser — respecter sa dignité. Ce dernier point est central : « il suffit à un homme comme mal de mépriser son frère musulman ».
Le geste prophétique (pointer sa poitrine trois fois) enseigne que la taqwa n'est pas visible à l'œil nu. Ne pas juger la piété des autres sur leur apparence. Seul Allah sait ce qu'il y a dans les cœurs. Cela empêche le mépris et l'arrogance spirituelle.
Trois sacralités absolues : (1) son sang — sa vie, (2) ses biens — sa propriété, (3) son ʿirḍ — son honneur et sa réputation. L'honneur inclut : ne pas médire, ne pas calomnier, ne pas révéler ses défauts, protéger sa réputation en son absence.