Rapporté par Abū Mālik al-Ashʿarī (رضي الله عنه) · Ṣaḥīḥ · Muslim n°223
Ce hadith dense présente plusieurs vérités fondamentales de l'Islam sous forme condensée. Chaque phrase est un principe autonome. Ensemble, ils dessinent la vie spirituelle : purification, louange, prière, aumône, patience, Coran, et la responsabilité de chacun face à son âme.
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D'après Abū Mālik al-Ḥārith ibn ʿĀṣim al-Ashʿarī (qu'Allah l'agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « La pureté (rituelle) est la moitié de la foi. La louange à Allah (al-ḥamdu lillāh) remplit la balance. La gloire à Allah et la louange à Allah (subḥāna Allāh wa-l-ḥamdu lillāh) remplissent - ou remplit - ce qui est entre le ciel et la terre. La prière est lumière. L'aumône est une preuve. La patience est illumination. Le Coran est une preuve pour toi ou contre toi. Tout homme se lève le matin, et se met à vendre son âme : soit il l'affranchit, soit il la perd. »
Source : Muslim n°223
Abū Mālik al-Ḥārith ibn al-Ḥārith al-Ashʿarī (qu'Allah l'agrée), Compagnon de la tribu des Banū Ashʿar (originaires du Yémen). Il s'installa en Syrie après les conquêtes et y mourut durant l'épidémie de peste d'ʿAmwās en 18 H.
Le mot ṭahūr a deux interprétations : (1) la purification corporelle par l'eau (wuḍūʾ, ghusl), condition de validité de la prière, (2) la purification spirituelle par la foi (tawḥīd qui purifie le cœur du shirk). Les savants disent que la foi purifie l'âme comme l'eau purifie le corps. Cette complémentarité fait de la purification la « moitié » de la pratique.
Dire « al-ḥamdu lillāh » avec conscience remplit la balance des bonnes œuvres. Ibn Rajab explique que c'est parce que la louange exprime la reconnaissance totale : reconnaître Allah comme Seigneur, Créateur, Donateur. Elle résume toute la relation juste à Allah.
Ajouter « subḥāna Allāh » (transcendance absolue d'Allah) à la louange étend leur poids jusqu'à remplir tout l'espace entre ciel et terre. Ces formules brèves ont un poids incommensurable dans la balance du Jour Dernier, à condition d'être prononcées avec présence du cœur.
Nūr signifie lumière intérieure qui guide dans l'obscurité de la vie et illumine au Jour Dernier. Celui qui accomplit la prière avec soin porte cette lumière ; celui qui la néglige erre dans l'obscurité. Dans un autre hadith, la prière est le premier acte sur lequel on sera interrogé.
Burhān est une preuve décisive. L'aumône prouve la sincérité de la foi car l'argent est ce qu'on aime naturellement. En le donnant pour Allah, on prouve qu'on préfère Allah à l'argent. Celui qui donne régulièrement donne une preuve continuelle.
Ḍiyāʾ est une lumière qui brûle plus intense que nūr. La patience est difficile car elle suppose l'effort ; d'où son éclat brûlant. Il y a trois patiences : dans l'obéissance, devant l'interdit, face à l'épreuve. Chacune a son éclat propre.