Rapporté par Abū Hurayra (رضي الله عنه) · Muttafaq ʿalayh · Bukhārī n°2707 · Muslim n°1009
Ce hadith prolonge le précédent : non seulement la ṣadaqa ne nécessite pas d'argent, mais elle est une obligation quotidienne. Chacune des nombreuses articulations du corps humain (traditionnellement comptées à 360) exige une aumône par jour en reconnaissance du don de la santé. Le Prophète ﷺ énumère cinq exemples concrets.
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D'après Abū Hurayra (qu'Allah l'agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Chaque articulation de l'homme doit faire une aumône chaque jour où le soleil se lève : réconcilier deux personnes est une aumône ; aider un homme à monter sa bête ou à y charger ses affaires est une aumône ; une bonne parole est une aumône ; chaque pas vers la prière est une aumône ; écarter une nuisance du chemin est une aumône. »
Source : Bukhārī n°2707 · Muslim n°1009
Abū Hurayra (qu'Allah l'agrée), déjà rapporteur de nombreux hadiths du recueil. Ce hadith en particulier fait partie de ses transmissions les plus célèbres sur les aumônes quotidiennes.
Les médecins et anatomistes de l'époque comptaient 360 articulations dans le corps humain. Le Prophète ﷺ fait de chacune une « dette quotidienne » envers Allah pour le bienfait de la santé et de la mobilité. La prière de l'aube (ḍuḥā) à deux rakʿas est d'ailleurs considérée comme suffisante pour acquitter ces 360 aumônes selon un autre hadith.
« Taʿdil bayna ithnayn » — réconcilier deux personnes en conflit. Al-ʿadl signifie ici agir avec justice pour ramener la paix. Dans un autre hadith, la réconciliation est dite préférable à la prière, au jeûne et à l'aumône surérogatoires. Elle répare le tissu social.
Aider quelqu'un à monter sa bête (aujourd'hui : la voiture, un meuble lourd) ou à y charger ses affaires. L'exemple est volontairement concret et quotidien. Aider physiquement son prochain dans un besoin pratique est aumône.
Une parole douce, encourageante, rassurante, véridique est aumône. Un salām, un merci, un conseil, une consolation. Inversement, les paroles blessantes sont le contraire de l'aumône : elles prélèvent sur le capital spirituel.
Chaque pas vers la mosquée est aumône. Dans un autre hadith, le Prophète ﷺ précise : un pas efface un péché, un pas élève d'un degré. Plus la mosquée est loin, plus les pas sont nombreux, plus la récompense est grande.
Écarter une pierre, un clou, un débris du chemin des gens est aumône. Dans un autre hadith : « La foi a 70 branches — la plus haute est « lā ilāha illā Allāh », la plus basse est écarter la nuisance du chemin » (Bukhārī et Muslim). Cela montre que même les plus petites actions en faveur des autres comptent.
Imam al-Nawawī explique que ce hadith enseigne à transformer la vie ordinaire en continu de bonnes actions. Le croyant ne voit plus la journée comme une succession d'événements neutres, mais comme une série d'opportunités de donner — du temps, de l'attention, un sourire, un conseil, un effort. La ṣadaqa devient un mode d'être.
Dans la version d'Abū Dāwūd, le Prophète ﷺ ajoute : « Et deux rakʿas accomplies au moment de la ḍuḥā (milieu de matinée) suffisent pour cela. » Cela révèle une grande miséricorde : si on ne peut pas faire ces cinq types d'aumônes dans la journée, deux courtes rakʿas au milieu de la matinée couvrent l'obligation des 360 articulations.