Rapporté par Sufyān ibn ʿAbd Allāh al-Thaqafī (رضي الله عنه) · Ṣaḥīḥ · Muslim n°38
Sufyān demande au Prophète ﷺ un principe suffisant à lui seul. La réponse est d'une économie absolue : foi + droiture. Ces deux mots résument toute la religion. La foi est l'engagement du cœur, la droiture (istiqāma) est sa traduction permanente dans les actes.
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D'après Abū ʿAmra Sufyān ibn ʿAbd Allāh (qu'Allah l'agrée) qui a dit : J'ai dit : « Ô Messager d'Allah, dis-moi sur l'Islam une parole telle que je n'aurai plus à la demander à personne d'autre. » Il a répondu : « Dis : « J'ai cru en Allah », puis sois droit. »
Source : Muslim n°38
Sufyān ibn ʿAbd Allāh al-Thaqafī (qu'Allah l'agrée), Compagnon de la tribu de Thaqīf (de Ṭāʾif). Il fut gouverneur de Ṭāʾif sous ʿUmar. Il rapporta peu de hadiths mais celui-ci est devenu célèbre pour sa concision et sa profondeur.
La foi (īmān) est le fondement. Elle engage le cœur à reconnaître Allah et à Lui vouer exclusivement l'adoration, ainsi qu'à croire aux six piliers de la foi (voir hadith 2). C'est un acte du cœur confirmé par la langue et les actes.
Le « thumma » (puis) indique que la droiture est la suite naturelle de la foi. Istiqāma signifie tenir droit, rester stable sur le chemin, accomplir les obligations, éviter les interdits, cultiver la sincérité. Le Coran dit : « Sois droit comme il t'a été ordonné » (11:112) — un verset dont le Prophète ﷺ a dit qu'il lui a « blanchi les cheveux ».
Le cœur doit être droit dans : (1) la connaissance d'Allah, (2) l'amour pour Lui, (3) la crainte respectueuse, (4) la confiance (tawakkul), (5) la sincérité (ikhlāṣ), (6) l'attachement à la Sunna. Ibn al-Qayyim dit : « Si le cœur est droit, tous les membres suivent. »
La langue droite : dire la vérité, invoquer Allah, réciter le Coran, parler avec bienveillance. Les membres droits : accomplir les obligations, éviter les interdits, utiliser chaque membre dans ce qu'il doit faire. ʿUmar disait : « L'istiqāma est de ne pas tricher comme trichent les renards ».
Les savants notent que nul ne peut atteindre la droiture parfaite sans défaillance. C'est pourquoi Allah dit après « Sois droit » : « Demande à Allah Son pardon, Il est Tout-Pardonneur, Miséricordieux » (41:6). La droiture visée est l'effort sincère, pas la perfection. Les défaillances sont compensées par le repentir immédiat.
« Acquittez-vous de ce que vous pouvez et demandez pardon pour le reste. » Cette règle résume l'esprit de l'istiqāma : on vise le maximum, on réalise ce qui est possible, on complète par l'istighfār. C'est la voie médiane entre le désespoir (impossible de bien faire) et la complaisance (je suis parfait).